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Deux Mois De THS.

8 avril 2015 - Non classé, Perso, THS - 2ème Mois, THS - 3ème Mois

[TW changements physiques détaillés, génital, piqûre, émétophobie]

Le dimanche 5 Avril, j’ai fait ma troisième injection, donc je termine mon deuxième mois de THS et commence mon troisième !

Un petit bilan de ce deuxième mois ?

Psychologiquement :

Ça allait très mal, autant l’admettre.
Moral à zéro pendant au moins trois semaines.
J’ai compris que la raison n’était pas que l’entourage et leur misgenre à mon égard ou l’incompréhension des personne cisgenres, mais bel et bien le dosage.
Le dosage était mal fichu.
Pour rappel, j’ai une demie-ampoule toutes les quatre semaines. Ce qui est peu, car la testostérone a le temps d’être absorber et rapidement, car peu de dosage pour mon organisme. Ce qui peut entraîner de fortes baisse de moral.

Du coup, je ne sors plus, sauf obligation, de l’appartement (je ne suis pas sorti depuis six jours, à l’heure où j’écris l’article)

 

Physiquement :

Le développement des poils est de plus en plus visible.
Ils se sont développés sur le ventre, torses (seins compris), cuisses, bras et menton !

J’ai autant de bouton que de poils sur le menton, mais j’en ai une bonne dizaine qui piquent et qui sont bien noirs, je n’aurais peut-être pas besoin d’utiliser l’astuce du mascara. De plus ça pousse très rapidement. Le lendemain après le rasage, on peut sentir assez bien la repousse.
Seins vidés, il ne reste que le bourgeon mammaire.
Ma voix est revenue comme avant suite à un coup de stress et une perte de confiance en moi.
Mais je travaille dessus
En bas, ça change encore.
Les cheveux qui pousse à une vitesse hallucinante.
Les règles, je les ai eu très peu. Juste de quoi m’embêter en fait.

Toujours 6 jours après l’injection, je suis complètement HS. D’où une nécessité de rapprocher les injections.

 

Caractère et tempérament :

Bon, comme je l’ai dit, c’est un peu biaisé par le mauvais dosage, donc je ne sais pas si c’est pertinent.
Plus impulsif qu’avant.
Deux semaines avec un super moral et deux semaines avec un moral très bas.
Une petite précision par rapport à mon injection de dimanche : [TW piqûre]

Je n’ai pas bien compris cette fois pourquoi elle m’avait fait aussi mal. On avait pris le quart extérieur et supérieur de la fesse, comme c’est conseillé, Damia a suivi les consignes de d’habitude, et pourtant, j’ai eu extrêmement mal.
Au moment de l’insertion de l’aiguille, j’ai ressenti une énorme douleur, puis une sensation de chaleur très désagréable qui monte du bas du dos jusque dans la tête, avec envie de vomir et sensation de « partir », un peu comme un évanouissement.
Rien de grave, je n’ai ni vomi, ni ne suis tombé dans les pommes.
Mais j’ai un petit peu peur pour la suivante.

Et je précise que j’ai changé le dosage : trois quarts d’ampoule. On verra si ça change quelque chose.

[Fin TW piqûre]

 

Bon, je vous raconte un peu la raison de ce passage à vide, qui a été provoqué non seulement par une dissipation des hormones mais aussi par des faits qui se produisent et qui me touchent.

Donc les « madames » et « mademoiselle » tout le temps, avec un banquier au téléphone qui, pourtant, connaît la situation, ou un boulanger qui, le pauvre, ne sait rien et c’est d’autant plus blessant, car ça veut dire que la personne se base sur l’apparence.

Le pire a été un samedi après-midi à mon association. (Association LGBT)
L’activité est réservée aux jeunes entre 14 ans et 25 ans.

Sans entrer dans les détails, tout se passe bien.
J’ai mes vêtements « masculins », mes bijoux de bonhomme, ma voix bien grave et ma confiance en moi.

Je précise que je me présente en tant que Tom-Alex, en administrateur, et ceux qui me connaissent autour de moi me genre au masculin.

Vers la fin de l’activité, où tout pour moi me semble acquis, un des nouveaux me genre au féminin. Choc.
Je ne comprends pas.
Juste avant, je parle de ma transition, de ma barbe naissance, j’ai ma voix grave, on m’appelle Tom-Alex et on me genre au masculin, mais je ne comprends pas.

J’essaie de me convaincre que j’ai mal entendu. Ou que j’ai du me planter quelque part.

Non. Il croit que je suis une fille.
Ou plutôt « j’ai un physique qui correspond à celui qu’on attend d’une fille »

Je suis complètement abasourdi.
Je quitte l’activité rapidement, ma confiance en moi ayant chuté de -10 000 en un seul mot.

Damia l’expliquera lors du Conseil d’Administration de l’association durant lequel je n’étais pas présent, car vraiment très mal.
Un seul membre du CA montrera un certain mépris par rapport à l’exagération de mon ressenti.
Les autres auront l’attitude attendu de leur part. Autrement dit, il n’essaient pas de prendre un parti plus que l’autre.

C’était un accident qui a eu une forte conséquence assez violent sur mon moral.
Aujourd’hui j’en paie encore les conséquences.

Je ne sortirais pas de chez moi tant que je n’aurais pas un passing que j’estime à mon goût et correct.
Tout simplement parce que je n’y arrive plus.

 

En ce qui concerne mes parents, plus de nouvelles de ma mère, ni de ma grand-mère.

Je vois mon père moins souvent puisque j’ai terminé les 3000 km règlementaire pour le passage du permis. Je le vois toutes les deux semaines pour des manœuvres en attendant les rendez-vous pédagogiques et l’examen. Je ne sais pas ce qu’il en sera après.

J’ai une crainte supplémentaire : aurais-je des difficultés pour mon permis ? Au niveau de mon apparence et ce que l’inspecteur verra sur les papiers d’inscription ?
J’ai peur de ne pas obtenir le permis pour des raisons transphobes.

Et de décevoir mes parents et de ne plus les revoir.

 

Et lundi, j’ai envoyé un mail à l’équipe hospitalière de Lyon afin de savoir si je réponds à leurs critères pour y entrer. Je n’en suis pas fier, mais je suis un peu désespéré.

Voilà.

3 réflexions sur “ Deux Mois De THS. ”

Phlune

J’arrive huit jours après la bataille …
(un terrifiant retard dans mon courrier, vous savez ce que c’est, hein 😉 )
pour dire un truc très important : la photo est géniale, dans le genre film d’apouvante , brrr ^^

Tu sais Tom, d’après ce que j’ai entendu des copains T, la gestion de la testo, ça s’apprivoise :
Si à l’injection ou peu après tu ressens un énorme coup de yoyo vers le haut, tu as intérêt à diviser /répartir la dose, sans forcément la changer, c’est l’observation pas à pas qui doit te suggérer les bons plans, l’endo,, avec un bon rapport de confiance, te disant si tu es à côté, ou si ton raisonnement est le bon.
De toute façon si la testo te « laisse tomber » au bout par exemple, de trois semaines, ben c’est qu’un mois c’est trop long, c’est aussi con que ça.
Comme tu as des circonstances familiales tout à fait adaptées pour bien foutre le bordel dans ton humeur, tu as intérêt à éviter les pics, comme les trous d’ailleurs, qui vont tout caricaturer d’une semaine à l’autre. Et quand la pensée va à 100 à l’heure, c’est grisant un moment, mais en ville tu perds 6 points d’un coup, paf…

T’en fais pas, les gens sont pas transphobes par nature, mais faut être relax pour leur faire trouver agréable la surprise de rencontrer un trans’, quand tu dois t’outer, et ça, c’est tout à fait possible.
Je vais peut-être dire une connerie, mais est-ce que la testo en gel ne serait pas beaucoup plus soft à gérer ? (j’en sais rien, hein, je pense « stabilisation de l’humeur en interne » , vu que ça swingue déjà pas mal à l’extérieur …)
Bisous

Répondre
    Tomboy

    Coucou 🙂

    Ton commentaire est très intéressant,
    Je vais te répondre du mieux que je peux
    Sans voir d’endocrinologue, j’ai été obligé de d’augmenter la dose, j’explique.
    J’ai une ordonnance pour une demie ampoule toutes les quatre semaines.
    Cette ordonnance se termine pour le mois de mai théoriquement.
    Si je reparti l’ampoule comme tu me le propose, et comme je souhaite le faire, j’aurais plus mon crédit d’ampoule. Puisque une fois ouvert c’est mort.

    La testostérone en gel… Ça n’existe pas ! Ce sont des molécules ressemblant fortement à la testo. Mais là testo n’est pas viable autrement qu’en gel injectable intramusculaire.
    J’ai de l’Andractym à côté, mais hélas il n’est que virilisant (je l’utilise car 24,90€ et bon, c’est toujours ça de pris 🙂 )

    J’ai rendez-vous mardi chez mon endocrinologue pour passer à une demie ampoule toutes les deux semaines comme me l’ont conseillé les copains ftm, habitués à ce dont je leur ai décrit.

    Quand aux gens, je sais bien qu’ils ne sont pas transphobes, c’est juste une vision très cis-centrée, alors je ne leur en veux pas, mais ça blessé quand même 😉
    Mardi, je vais aussi voir mon banquier, au courant de ma situation, mais pour qui ça reste « Oh ! Bonjour Mademoiselle L. Comment allez vous Mademoiselle L. ? »
    Donc Damia va m’accompagner pour m’aider à lutter contre, car je veux y aller gentiment, car ce monsieur est super, mais j’ai pas la force et le courage, et ne pense pas avoir la légitimité de lui dire que je suis monsieur, verbalement du moins…

    J’ai plutôt eu raison d’avoir peur, vu la douleur que j’ai ressenti au moment de l’injection…

    Merci de montrer une telle fidélité à mon blog !

    Bisous

    Répondre
      Phlune

      « je ne leur en veux pas, mais ça blessé quand même 😉 « ,
      Voui, je comprends, mais c’est là une simple égratignure de l’orgueil : il y a plus important à mon sens : « mais j’ai pas la force et le courage, et ne pense pas avoir la légitimité de lui dire que je suis monsieur, verbalement du moins » ÇA, c’est du boulot en interne : acquérir pas à pas le sentiment de la légitimité, qui se réveille avec l’indépendance par rapport aux jugements d’autrui : Anecdote : après quelques mois d’hormones, pas encore épilée (donc rasage plus kilos de fond de teint …) je suis allée voir un ponte de la chirurgie esthétique pour me ravaler un peu le portrait. Très sûr de lui, grosse réputation dans la région, etc. Il a été très poli, etc, c’est ok, bref je résume.En partant, devant la secrétaire, déjà face à une autre patiente qui arrivait, il me dit au revoir Monsieur. Ben je l’ai rectifié, calme mais sur un ton sans discussion. Il s’est platement excusé. Pourtant je n’étais rien qu’une petite cliente parmi mille qui viennent se faire refaire le pif, et lui une sommité, un Professeur … L’égalité, elle se joue là. On me dit Madame, point.
      Evidemment nos situations sont différentes : de mon côté, un certain confort affectif, mon âge, et la bouteille qui va avec … Bref, la légitimité est celle qu’on impose, pas celle qu’on réclame, donc on se la construit nous-même, à la base (avec l’appui de nos allié-es, oeuf corse) …
      😉

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