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La CIGaLes Se Meurt ?

28 mars 2017 - Non classé

Dans tous mes articles (Ici, et ici) où je parlais de l’association LGBT de Dijon, CIGaLes, j’en parlais plutôt en bien, positivement, avec une satisfaction correcte. Même si ce n’était pas un article spécialement pour l’association, j’en parlais un peu.

Seulement, il y a eu beaucoup de changements dans l’association. Pourrais-je vous la recommander encore ?
À l’heure actuelle, je dirais « oui » si vous êtes un homme cis, gay, blanc et de 35 ans et plus.

Que s’est-il passé ces deux dernières années ?

Lorsque Damia et moi étions encore à Dijon, nous avions mis en place avec une troisième personne, un groupe d’auto-support trans et identité de genre (GASTIG). Il se déroulait tous les premiers samedi du mois. On décidait avec les personnes présentes si on faisait une session ouverte (aux ami.e.s, familles, personnes proches qui veulent comprendre, etc.) ou une session fermée (ouverte qu’aux personnes concernées, non-cis, en questionnement).
Cela se passait bien, nous étions entre 6 et 12 personnes.

Il y avait un temps convivial hebdomadaire. Tous les jeudis soirs, de 20h jusqu’à minuit, le local était ouvert à tout le monde pour un apéro convivial.
Je me souviens que j’attendais chaque jeudi avec impatience.

Puis nous avons déménagé et nous avons compris pas mal de choses.

Déjà, Damia voulait conserver un lien, et finir son poste d’administratrice et infographiste, même à distance.
On continuait à recevoir des mails du CA (Conseil d’Administration) et elle y répondait mais personne ne donnait suite à ses réponses. Elle proposait de faire l’affiche des marches des fiertés, toujours gratuitement, elle proposait des idées pour le GASTIG, mais rien à faire, ils l’a snobaient. Nous comprenions alors que notre déménagement les arrangeait. « Ouf, fini avec les trans, ils nous feront plus chier avec ça » en gros.

Damia et moi avons donc donné nos démissions en fin d’année 2015, déçus de cette association.

Marche des fiertés 2016, un.e ami.e à nous, la 3ème personne avec qui nous avions fait le GASTIG, a été misgenré.e en permanence par des gens qui le.a connaissaient, qui savaient donc quels pronoms utiliser et ne pas utiliser.

Au fur et à mesure, le GASTIG fini par disparaître, les personnes non-cis ne vont plus à l’association, les femmes lesbiennes/bi finissent par fuir également cette association devenue une vraie garçonnière.

Le président, qui avait ce poste pendant 5 ans, ne voulait pas renouveler son mandat au sein de l’association, donc une connaissance à nous, ancien admin, a pris la présidence. Malheureusement, iel a dû s’absenter trop longtemps pour ses études/travail et donc c’est un autre admin qui a dû prendre la présidence, par défaut. Personne ne voulait pas être président, il s’est proposé bien qu’il ne s’en sentait pas capable, il n’avait pas vraiment le choix.

L’association s’est effondrée peu à peu.
Les apéros conviviaux hebdomadaires ont été désertés et sont passés à un jeudi par mois, le nombre de personnes présentes ayant fortement diminué. L’une des raison de ce vide est l’ambiance qui était absente.
Pensant qu’il y avait trop de jeudi conviviaux dans le mois, ils ont pensé qu’en réduisant la fréquence d’ouverture, cela résoudrait le problème.
Le président ne donnait pas l’image qu’on attendait d’un président. Blagues obscènes, transphobie, misogynie.
Il disait ouvertement que le sujet de la transidentité ne l’intéressait pas du tout.
Il proposait des activités essentiellement centrées sur l’homosexualité cis-masculine.
Il a voulu relancer un groupe trans, encadré par un administrateur.
La dernière personne trans admin de l’association ayant démissionné, il était évident que cette activité proposée par l’association serait encadrée par une personne cis, ce qui est inenvisageable quand on a un minimum de réflexion.

Actuellement, un nouveau président a été élu en février 2017, il a pour projet de relever l’association.
Un groupe trans a été proposé en mars. Cela fera-t-il revenir toutes les personnes concernées qui ont fuit l’asso ? Je reste sceptique.

À CIGaLes, un des admin était également porte-parole de la fédération LGBT, ce dernier a démissionné de son post de porte-parole, car il pense que la présidente de la fédération, Stéphanie Nicot, a fait une main mise sur l’organisation en ne voulant centrer les projets qu’autour de la transidentité et en délaissant les actes concernant la santé et prévention.

 

Notre constat :

Damia : Un sentiment de gâchis. Une vieille association de bientôt 22 ans. Elle a une histoire.
Il est triste de voir une association qui a tant de choses derrière elle, de combats, de militantisme, devenir ce qu’elle est en train de devenir.
Des années de travail, de militantisme, de réflexion, d’inclusivité jetées à la poubelle.
CIGaLes a été l’une des premières association LGBT à parler de transidentité, s’y intéresser et se préparer à accueillir des personnes trans. Elle a également été une des associations fondatrices de la fédération LGBT.
Elle a tenté d’inclure la non-binarité au sein de ses combats, malheureusement, cela n’a pas eu le temps d’aboutir.

En ce qui me concerne, très grande déception de la part d’une association qui m’a tant donné. J’étais à la fac, je ne connaissais personne, je ne sortais pas. Puis j’ai fais cet immense pas d’aller pour la première fois à CIGaLes. J’avais besoin de voir d’autres LGBT, d’autres jeunes comme moi. Et même si je ne le savais pas, j’avais besoin de connaître des personnes trans, pour savoir ce que c’est vraiment et me comprendre.
Sans CIGaLes, je n’aurais pas rencontré Damia, ni ce mec trans et je serais probablement toujours « cette fille lesbienne seule et perdue » et je serais passé à côté de plein de choses.
Cette association m’a tellement donné que je ne peux pas m’empêcher de lui en être reconnaissant. Malheureusement la déception est tellement grande. Avons-nous été une caution trans pour leur statut « inclusif » ?
Avons-nous été les admin/membres de trop ? Et bien d’autres questions qui resteront sans réponses.

 

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