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À L’Aide.

24 janvier 2015 - Non classé, Perso, Pré-THS

[TW grossophobie, transphobie, homophobie, âgisme, injonctions sociales, chantage affectif]

Au secours.

Nous sommes samedi, et je suis rentré chez Damia.
Hier, en rentrant chez mes parents, ça n’allait pas du tout.

 

J’ai eu des remarques grossophobes, cissexistes et âgistes de la part de mes parents et ma grand-mère.

Mes parents avaient dans un premier temps bien pris ma coiffure, en rentrant dans la voiture en sortant de la gare.

Puis on est rentré. Je me découvre. Ils voient que mon poids ne change pas. Toujours aussi gros. Première remarque.

Je vais voir ma grand-mère qui n’était pas au courant pour ma nouvelle coupe. Ma mère avait décidé de ne rien lui dire pour la surprise.

Quelle surprise.

« Oh mon Dieu, on dirait vraiment un mec, c’est quoi ça ? »
Merci…

« Et tu as perdu du poids ? »

Bon, je re-rentre chez les parents (5 pas à faire).

Ils me disent « Tiens-toi droite ! Marche correctement ! C’est quoi cette démarche ? »
Je leur dis que c’est bon, on est à la maison, que je peux me relâcher.

Ils me répondent que je dois faire des efforts, car c’est le physique qui compte pour chercher un travail, et que c’est pas avec un physique comme le mien que je vais être embauché.

« Puis tu es une fille, sois féminine un peu ! Je te demande pas de ressembler à un pot de peinture, mais fait un effort »
Je leur dit que pour moi c’est un déguisement. Que ce n’est pas moi, et que lors d’un entretien d’embauche, il faut être honnête envers soi-même.

Rien n’y fait.

Je téléphone à la grand-mère pour lui dire que je ne viendrais pas manger ce soir avec elle.
Elle me dit de venir chez elle pour parler de tout ça tranquillement.

« Bon, voilà A*****, tu as vu comme tu es énorme maintenant ? Comment veux-tu qu’on ne s’inquiète pas ? Ta mère se fait du soucis.
Comme je t’ai dit, j’aime l’originalité, mais quand les gens sont gros, non. Donc, ta coupe elle est bien taillée, mais tu es énorme. Tu as vu comme tu es énorme ? Et cette coupe, ça fait vraiment mec… Tu veux devenir un mec ? Parce que tu ruines ma vie là ! »

Et je vous passe les détails…
C’est que les grandes lignes.

Bref.

En retournant chez les parents, ils me disent, que je devrais suivre leur conseil, que je n’ai pas le vécu qu’eux ont eu, et qu’ils sont mieux placés que moi pour dire ce qui est bien ou mal.

Et je leur répète, « Je suis moi, c’est tout. Faudra vous y faire. »
Ma mère me dit alors : « Tu as plutôt interêt à vite te trouver un travail.

Je vais dans ma chambre, vide ma chambre (documents administratifs, habits, violon et clarinette, etc.) et dis à mon père que je rentre à Dijon le lendemain.

 

*      *      *

 

Le lendemain, 6h30, je me lève, je récupère mes affaires qui ont été lavées et qui ont séché durant la nuit.
Je les plie, les range. Je vais à la salle de bain. Ma mère veut me parler.

« J’espère que tu réfléchis bien à ce que tu fais. Soit tu rentres tous les week-ends tout sourire et tu écoutes nos conseils, soit tu ne rentres plus du tout. Et si je vois qu’il n’y a aucune progression (sous entendu travail et fac), je coupe tout, tout, tout du jour au lendemain. »

Je vais à la salle de bain me préparer.
Il me reste encore un peu de temps avant de partir pour mon bus.

Mes affaires sont prêtes.

Je sors mes clés. Je vais dire au revoir à ma grand-mère. Elle me dit qu’elle est triste, veut me donner des sous pour la semaine, et je lui dit « À la semaine prochaine. »
Je sais pertinemment que je ne rentrerais plus, mais je lui souris. Je l’embrasse.

Je sors donc, mon père est allé à l’étage, sûrement pour fuir.
Ma mère vient vers moi. Elle me conseille juste de vite trouver un travail et me dit que « bousiller xxxx€ de permis, (je suis en conduite accompagnée) c’est égoïste, qu’en un mois de salaire je pourrais même pas les toucher. »

Elle me reproche de venir les weekends seulement pour laver mon linge et faire mes kilomètres nécessaires au permis.

Je suis tremblant, je prends ma clé, ouvre la porte et pars pour le bus.

 

Je suis à Dijon, auprès de Damia. J’envoie ma lettre cet après-midi.
Il neige, c’est sûrement un signe.

4 réflexions sur “ À L’Aide. ”

breakfree

Comment on peut insulter son enfant comme ça? Je ne comprends pas
La remarque de ta mère sur le permis je l’ai déjà entendue dans la bouche de mes parents, en fait on a souvent l’impression qu’ils ne nous prennent pas au sérieux (ma mère est persuadée que je fais une crise d’adolescence en retard quand je lui ai dit que je ne supportais pas mon corps).
J’espère que ton co va bien se passer, et puis tu n’es pas seul, tu as ta copine

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Alice Defrance

Je ne sais vraiment pas quoi dire… Juste que je partage, comme beaucoup de personnes, ta tristesse.
On est là. Et ils se rendront compte de qui tu es, ils te verront, et voudront à nouveau être auprès de toi! J’y crois.

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Evangéline

ils ne pensent qu’à eux, c’est dingue. Courage laisse toi pas faire

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Damia

Je suis avec toi, à tes côtés, pouvant te parler librement, mais je me dois poster un commentaire ici.

Je trouve que tes parents ont eu une attitude déplorable envers toi. Ils se sont montrés irrespectueux au possible, et je n’arrive toujours pas à comprendre comment on peut se comporter de la sorte en tant que parents. C’est quelque chose qui me dépasse complètement…

J’espère juste qu’ils se rendront compte de leur bévue, de leur bêtise, un jour…

Je le sentais mal ce week-end, je sentais que ça allait mal se passer…

Mais tu es là désormais, on va avoir pas mal de choses à faire et à mettre en place, pour avancer tous les deux, main dans la main.

Je t’aime <3
Damia

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