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Le Premier Docteur.

14 janvier 2015 - Non classé, Perso, Pré-THS

[TW médicaments]

Aujourd’hui, à 17h30, j’ai vu le psychiatre avec qui on avait pris rendez-vous la semaine dernière.

J’ai bien stressé toute la journée, pendant mes trois derniers examens du semestre, et au final, je me suis retrouvé dans son bureau plus rapidement que je ne le pensais.

Mes jambes tremblaient, je respirais très rapidement. Quelque chose au fond de moi voulait que ça ne marche pas. Qu’il me dise que non, je ne sois pas trans, que je ne sois pas dysphorique. Pour ne pas avoir à subir la suite. Les parents.

Damia m’accompagne, comme c’était prévu. Nous sommes devant le bâtiment. C’est assez bizarre il ne ressemble pas aux bâtiments typiques des psys ou docteur. Seule la plaque le signalait ici.

On sonne, il nous ouvre. On arrive dans la salle d’attente. Je suis tendu. Cinq minutes après, il arrive, on lui sert la main. C’est un homme assez âgé. J’ai peur qu’il soit pas aussi transfriendly qu’on me l’ait dit.

Nous rentrons dans son bureau. Deux fauteuils noirs très imposants sont placés devant son bureau.
Je me place à gauche, Damia  à droite.

Il s’installe.

Il me demande quel est l’objet de notre visite. Je bafouille un « C’est pour mes questionnements, même si je pense et suis sûr d’en avoir les réponses, sur ma dysphorie de genre. »

Il acquiesce.
Acceptera, acceptera pas ?

Durant tout l’entretien, il s’est montré bienveillant, attentionné, il a posé des questions assez précises pour certaines, il était ouvert et très agréable.
Ses questions ne ressemblaient en rien à celle du psychologue de la fac.

Il voulait savoir si j’étais sûr de ma démarche, si je voulais le faire, il m’a demandé plus précisément si il était intéressant pour moi de devenir un homme.

(question très intéressante, n’est-ce pas?)

Je lui ai parlé de mon expérience avec le psychologue de la fac, il a été surpris par les trois questions suivante qu’on m’avait posé concernant :

ma vie sexuelle (sa réaction « Mais quel est le rapport ? »),
mon orientation sexuelle (« Mais le rapport aussi, là-dedans ? »),
la sexualité de mes parents (*simple écarquillements des yeux, d’étonnement et désabusé*)

Il m’a précisé (et c’était la deuxième meilleure chose de la séance) que d’être trans n’était ni un délit, ni une maladie, ni un handicap, ni une honte. (je planais)

Finalement, l’entretien n’était pas aussi long et épuisant que Damia et moi le craignions, mais il s’est révélé être efficace puisque ça y est, j’ai enfin le Graal. L’attestation. Quand il m’a demandé « C’est donc une déclaration de ma part précisant que vous êtes dans un état de dysphorie de genre ? » j’ai bugué. Genre. On nage en plein délire là. (je sur-planais)

« Euh… Oui » *yeux écarquillés*
« Bon, je soussigné etc. dans une démarche de… je mets transsexualité, ça vous convient ? »
Je lui dit que je préfère le terme « transidentité » (Je planais, je sur-planais et je re-planais derrière)

Le seul point négatif était qu’il me genrait au féminin.

Pour finir, il m’a demandé comment ça se passerait par rapport à ma famille.
Je lui répond qu’il y a un premier coming-out qui a été fait en mai et qu’il s’est très mal passé.
« Oui mais il leur faut du temps, aux parents, c’est normal »
Je lui réponds que ça fait huit mois, et que j’ai dû leur mentir afin de pouvoir retourner sur Dijon.
« Ah oui… Quand même. Tu es mineur ? *regarde son papier* Ah ben non pourtant »

Je lui précise que mes parents ont une forte influence sur moi et que c’est de plus en plus difficile.
Je lui raconte brièvement pour mes cauchemars, liés à mon futur coming-out.
Il m’a prescrit des anxiolytiques.

Bon maintenant, je pourrais dormir tranquille et être serein vis à vis de ma transidentité.

En effet, certain.e.s ne trouvent pas le besoin de voir un psychiatre (même si c’est obligatoire), en ce qui me concerne, j’avais besoin qu’un professionnel, quelqu’un de neutre, un docteur, valide cet état de dysphorie. Comme si je souhaitais une confirmation officielle de cet état.

Et bien voilà, je l’ai. Dans cette demie-feuille couleur blanc-cassé.

Ça ne résout pas mon problème de coming-out, mais ça avance dans mon tunnel, il y a un tout petit point lumineux au fond.

4 réflexions sur “ Le Premier Docteur. ”

Alice Defrance

Très contente que ça se passe bien! J’avoue avoir eu des inquiétudes pour toi… Sans raison apparemment et c’est extra!

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thack

Je te lis ici depuis un moment. Après tant de moments de galère, content pour toi.

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Evangéline

Contente pour toi surtout si le spécialiste en question te comprends très bien 🙂

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